Sans ciel ni mer

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Pendant plusieures années, j’ai suivi les ouvriers du chantier de Renouvellement des Voies et Ballast du métro de Paris. La nuit, leur travail consiste à déposer les traverses et le vieux remblais datant de la construction du Métropolitain au siècle dernier, pour les remplacer par des traverses neuves et du balast blanc.
Ce film m’a menée au fond de mes peurs et de mes deuils d’enfant grandie en mère.
Sans ciel ni mer est une sorte de train fantôme cinématographique qui s’enfonçe à travers différentes strates de perceptions et de recompositions symboliques mélangeant prises de vue Super 8 et synthèse d’image en 3D et dessine une carte émotive et sensorielle du pays de l'enfance.

Sans ciel ni mer : Super 8 et synthèse3D. 20’ – 2009

voix : Bettina Wenzel et Juliette Poulain
synthèse 3D : Benoit Fournol
son : Madame Miniature
prise de son : Josefina Rodriguez
production : Fin Avril

durée : 20'
format de tournage : super8
format de diffusion : BetaNum, BetaSP ou DVD

Avec le soutien du Centre national de la cinématographie
contribution au court métrage expérimental

What is my country of origin?

It was by going to shoot film in the Paris Metro, at the closest of my everyday life, notably by following the itinerant building site for the replacement of the railways and track beds, that I found my way into this quest. Started in the tunnels of the Paris metro, the path led me into the depths of   the fears and mournings of the child-turned-mother in me, in a recomposed land of chilhood memories. Neither Sky Nor Sea is a cinematic ghost train shooting through different strata of perceptions and symbolic recompositions in which Super 8 images are mixed with computer-generated 3D images.

 

· «  Sans ciel ni mer » 
Le titre est le début d'une liste de manques, bravant l'utilité des choses, elle met en doute leur existence même.
Il faudrait commencer par tout effacer pour ne recomposer que les éléments indubitables.

· Les hommes, le tournage
Pendant plusieurs années, j'ai suivi les ouvriers du chantier de Renouvellement des Voies et Ballast du métro de Paris. Le « RVB » est un chantier titanesque mené de nuit par une équipe d'hommes qui n'ont pas vu le jour pendant des années. Leur travail consiste à déposer les traverses et le vieux remblais datant de la construction du Métropolitain au siècle dernier, pour les remplacer par des traverses neuves et du ballast blanc.

Chacun y avait sa tâche bien déterminée et la hiérarchie des postes semble avoir été faite en fonction de l'ordre d'arrivée sur le territoire. Ainsi les grosses machines sont conduites par des hommes issus de l'immigration européenne (Portugal, Italie, Pologne), aux machines légères sont des hommes venus du Maghreb, tandis que les hommes venus d'Afrique noire sont le plus souvent à la pelle ou la pioche, tous invisibles aux usagers quotidiens.

Il m'est vite apparu que cette communauté d'hommes étaient des passeurs, les collecteurs de cette matière qu'est la mémoire d'un pays et d'un lieu, quelqu'en soit l' échelle ou la localisation.
À leur contact,   j'ai pu entreprendre cette quête de savoir quel était le pays de mon enfance.

· Le noir bouillant
C'est une veille, l'attente que quelque chose réapparaîsse, une absence comme une éclipse.

· Le tunnel
Peut-être extirpé d'un ventre, c'est un totem couché, lieu inventé, un coffre dans un grenier, une ligne tracée dans le temps, une boucle et un processus de digestion.

· Les objets dans le tunnel
Il y a d'abord quelques « méduses » : ce sont les apparitions des morts qui m'accompagnent.

Des fourmis, car il y en a dans tous les pays.

Les fragments d'une discussion interrompue brutalement, du matériel de construction - toujours utile, et de quoi se souvenir de faire attention aux animaux même lorsque l'on croit les avoir domptés.

· Le noir des yeux
Lorsqu'on ferme les yeux au soleil des formes transparaissent ; voilà à peu prés ce que l'on voit.