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sélection au FIDMarseille
Compétition Nationale
Compétition Premier Film
du 2 au 7 Juillet 2008
Théâtre National Marseille La Criée
http://www.fidmarseille.org/
Festival du Film de Locarno
section Play Forward
du 6 au 16 août 2008
http://www.pardo.ch
Rencontres Internationales Paris/Berlin/Madrid
Espace de consultation consacré au documentaire
du 30 novembre au 6 décembre
au Paris-Villette, Parc de la Villette
http://art-action.org/fr_info.htm
En Lettonie, quelques personnes vivent sur le site d'un ancien camp militaire construit au milieu de la forêt par les Soviétiques
pour accueillir un radiotélescope ultra-puissant capable d'espionner l'Europe de l'Ouest et l'Amérique du Nord.
L'indépendance déclarée en 1992 n'a pas eu que des répercussions positives sur leur vie. Plus que jamais, il leur faut tout inventer pour rendre la vie possible et agréable dans ce lieu.
In Latvia, some people lived on an old military camp built in the middle of the forest by Soviet in order to accomodate an ultra radio telescope powerful to spy North America. Independence (in 1992) had not only positive effects on their life. More than ever, it is necessary for them to invent how make the life possible and pleasant.
Durée : 45 minutes
Format de tournage : DVCam
tourné en Lettonie en été 2006 et été 2007
Image et son : Catherine Dalfin et Olivier Volcovici
Montage image et son : Catherine Dalfin
Collaboration au montage image : Yannick Coutheron
Collaboration au montage son : Josefina Rodriguez
Production : Emmanuel Deswarte
© Fin Avril - Catherine Dalfin - 2008
Ce film a bénéficié du Fonds d'Aide à l'Innovation Audiovisuelle du
Centre National de la Cinématographie avec le soutien du Conseil
Général de la Seine-Saint-Denis, cinémas 93
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Affiche-dépliant du film - A3 recto-verso

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Le camp d'Irbene fut construit en Lettonie par les soviétiques
pour abriter
2 000 soldats et scientifiques accompagnés de leurs familles
et servir de base à un radiotélescope ultra-puisssant chargé d'espionner
les communications entre l'Europe et l'Amérique du Nord durant la guerre
froide. Les militaires quittèrent le site en 1993, au moment de l'indépendance
de la Lettonie. Peu après leur départ, quelques personnes faisaient le choix
de s'installer sur place pour y vivre.
Le désir de filmer le camp pris corps lors d'un voyage en 2004.
La beauté âpre des paysages et la charge de vide qui se dégagent du lieu
ont retenu mon attention. Arrivées là par choix ou par abandon face aux
difficultés de l'existence, les personnes qui occupent le lieu m'ont touchée.
J'ai eu envie de faire sentir comment on s'approprie un espace limite et comment
on y conçoit son bonheur et son malheur. Ou, pour le dire autrement, comment o
n habite le monde et comment on est habité par lui.
Le titre, Can you go quickly to the sun ? renvoie au travail mené par une équipe
de chercheurs polonais présents sur le site au même moment que moi, mais aussi
à la transition toujours en cours dans les ex-républiques soviétiques entre une utopie
en ruine et un modèle libéral tout aussi douteux.
J'aborde le lieu par le présent, un ici et maintenant privilégiant un rendu sensible du
temps et de l'espace, hors de tout discours surplombant. D'abord simples présences
au milieu du paysage, les personnes acquièrent progressivement une épaisseur et
s'incarnent. On les regarde vaquer à leurs occupations sans forcément comprendre
le sens de ce qu'on voit puis on acquiert progressivement des repères par une sorte
d'acclimatation du regard au lieu.
Depuis mes premiers films, je fonde mon travail sur l'idée de présence au monde,
cette chose fragile et silencieuse qui émane de certains individus et de certains lieux c
apables d'exprimer de façon immédiate et implicite un certain rapport au monde.
Je filme les gens et leur environnement sensible, comme on filmerait un paysage où
tout est en surface. Pour cette raison, je ne traduis pas toujours les séquences en langue
étrangère, choisissant la plupart du temps de ne traduire que ce que je parviens
moi-même à comprendre au moment où je filme. Ainsi de la scène où trois femmes sont
assises par terre et discutent entre elles de ce que signifie « bonjour madame ».
Je conçois la frustration que l'on peut d'abord ressentir face à cette scène sans sous-titrage.
Mais le sens de cette scène est moins à chercher dans ce qui se dit que dans la situation,
les attitudes, les visages, les gestes et les mimiques qui accompagnent la parole.
C'est moins le contenu qui prime que ce que le timbre et l'énergie de leurs voix révèlent
de leurs personnalités. Ce que je tente d'approcher c'est le rapport à l'environnement
dans lequel elles vivent, ou survivent, au sens large, c'est-à-dire également politique.
Au-délà de l'aspect un peu anecdotique que leurs propos auraient s'ils étaient traduits,
c'est un peu de leur « vérité intérieure » qui transparaît de la sorte, pour reprendre une
expression de l'écrivain-journaliste Svetlana Alexievitch. L'autre chose qui est étonnante
c'est de s'apercevoir qu'une écoute attentive permet de comprendre une langue qu'on
ne connaît pas beaucoup mieux qu'on ne l'aurait d'abord cru.
Je filme à la marge. Je suis dans un rapport ambivalent face au réel -- une volonté de
rendre le réel mais également le désir d'en faire le lieu d'une expérience, l'expérience dee
ce qui nous attache au monde et de ce qui nous le rend impossible.
Mais également l'expérience du « donner à voir » -- quelle distance adopter, comment
découper dans le réel en évitant le pittoresque, comment montrer l'intime par d'autres
moyens que ceux habituellement employés, comment envisager ma propre présence, b
ref, comment explorer la limite entre filmé et filmant. |
The Irbene camp was built by the Soviet authorities in Latvia to house 2 000 soldiers,
scientists and their families and as a base for an ultra-powerful radio telescope built
to spy on communications between Europe and North America during the Cold War.
The military left the site in 1993 when Latvia became independent.
Shortly after their departure, several people chose to settle there.
My desire to film the camp took form during a journey in 2004.
The raw beauty of the landscapes and the weight of the emptiness emanating
from the site caught my attention. Having come there out of choice or because
they had renounced the difficulties of existence, I was moved by the people occupying
the site. I wanted to convey a sense of how people appropriate a borderline space
and how they conceive of their happiness and unhappiness. Or, to put it another way,
how people inhabit the world and are inhabited by it.
The title, Can you go quickly to the sun? , refers to the work carried out by a team
of Polish researchers present on the site at the same time as I was, but also to the
transition still underway in the former Soviet republics from a utopia in shreds to an
equally questionable liberal model.
I broach the site via the present, a here and now that favours a sensitive rendering
of time and space, beyond all overpowering discourses. At first simple presences in
the landscape,
the people progressively acquire depth and become incarnate.
We watch them going about
their daily occupations without necessarily understanding
the meaning of what we are seeing,
before progressively acquiring reference points
via a kind of acclimatization of our gaze.
Since my first films, I have founded my work on the idea of a presence in the world,
this fragile and silent thing that emanates from certain individuals and certain places,
and which is capable
of immediately and implicitly expressing a certain relation to the world.
I film people and their sensitive environment, as one would film a landscape in which
everything is on the surface. For this reason, I don't always translate the foreign
language sequences, choosing most of the time only to translate what I myself managed
to understand at the time of filming. Hence the scene where the three women sit
discussing what "bonjour madame" ("hello madam") means. I understand the frustration
people might at first feel watching this scene without subtitles. But the meaning of this
scene lies less in what is said than in the situation, the attitudes, the faces, the gestures
and the mimics that accompany their words. It's less the content that is important than
what the timbre and energy of their voices reveal about their personalities. What I try to
capture is the relationship to the environment in which they live, or survive, in the broadest
sense of the term, that is to say, the political one too. Beyond the somewhat anecdotal
aspect their words would have if translated, it is thus something of their "interior verity"
that transpires, to use the writer-journalist Svetlana Alexievitch's expression. The other
astonishing thing is that we realize that, listening attentively, we are able to understand
a language we don't know much better that we would have first imagined.
I film on the margins. My relation to the real is ambivalent - a desire to render the real
but also a desire to turn it into the site of an experience, the experience of what attaches
us to the world and of what renders it impossible for us. But also the experience of "giving
to see" - what distance to adopt, how to cut into the real while avoiding the picturesque,
how to show the intimate by other means than those normally used, how to envisage my
own presence; in short, how to explore the limits between the filmed and the filmmaker.
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